Fiche du texte

De la Terre à la Lune

Jules Verne

CHAPITRE IV – RÉPONSE DE L’OBSERVATOIRE DE CAMBRIDGE

Le 7 octobre, le président Barbicane recevait une dépêche qui semblait le combler de joie. Elle était conçue en ces termes :

« Cambridge, 6 octobre.

Au président Barbicane, Tampa, Floride.

En réponse à votre demande du 11 courant, l’Observatoire de Cambridge a l’honneur de vous faire connaître les résultats suivants :

La question à résoudre était celle-ci : « 1° Quelle est la vitesse initiale à donner au projectile ? 2° À quel moment la Lune se présente-t-elle dans les conditions les plus favorables pour être atteinte ? »

Sur le premier point. – Le projectile, lancé dans l’espace, subira nécessairement l’influence de trois forces indépendantes : l’attraction terrestre, l’attraction lunaire, l’attraction solaire. Il faut calculer l’action de ces trois forces.

L’attraction terrestre retiendra le projectile. Sa vitesse diminuera progressivement, s’annulera au point où les attractions terrestre et lunaire se feront équilibre, et à partir de ce point, le projectile, entraîné par l’attraction lunaire, tombera sur la Lune.

Le trajet à parcourir entre la Terre et la Lune est de quatre-vingt-six mille quatre cent dix lieues (environ 356 000 km). Le temps que le projectile emploiera à le parcourir dépendra de la vitesse qu’il aura reçue. Les calculs montrent que, pour que le projectile atteigne le point d’attraction égale, il faut lui imprimer une vitesse initiale de ONZE KILOMÈTRES À LA SECONDE (11 000 mètres par seconde).

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