Fiche du texte

Le Vent d'Automne et la Graine Rebelle

Solène Berger

Le grand Vent d'Automne parcourait la forêt, soufflant de toute sa force pour détacher les dernières feuilles et emporter les graines vers de nouveaux territoires. Il accomplissait sa tâche séculaire avec une rigueur implacable. Cette année-là, parmi les millions de graines d'érable ailées qu'il emportait dans son souffle, il en remarqua une, petite et tordue, qui résistait obstinément. Au lieu de se laisser porter en tournoyant gracieusement, elle s'accrochait aux brindilles, se cachait dans les anfractuosités des écorces, refusant le grand voyage.

« Pourquoi refuses-tu la loi du vent ? » tonna le Vent d'Automne, s'arrêtant dans sa course. « Toutes tes sœurs volent vers l'aventure pour trouver une clairière où germer ! »

La petite graine, tremblante mais déterminée, répondit d'une voix ténue : « Je veux rester ici, près du vieux chêne qui a abrité ma mère. Je connais la terre ici, elle est bonne. Je ne veux pas de l'inconnu. »

Le Vent se mit en colère. Il souffla plus fort, arrachant la graine rebelle à son abri et l'envoyant valdinguer dans les airs. Mais la graine, rusée, se laissa tomber dans un petit creux, au pied même du vieux chêne. Le Vent, épuisé par ses efforts, finit par passer son chemin, la laissant là, pensant qu'elle périrait à l'ombre du géant.

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