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Le Tournoi Médiéval

Traditionnel

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Texte lu

En l'an de grâce 1214, le jeune écuyer Roland s'apprêtait à vivre le jour le plus important de sa vie : le grand tournoi du comte de Champagne. S'il s'y distinguait, il pourrait enfin être adoubé chevalier.

Depuis l'aube, les tentes colorées des nobles chevaliers parsemaient la prairie. Les bannières claquaient au vent, les destriers piaffaient d'impatience, les forgerons finissaient d'aiguiser les épées. Dans les tribunes drapées de velours, les dames de la cour s'installaient.

Roland vérifia une dernière fois l'armure de son seigneur, le baron Godefroy, dont il était l'écuyer depuis sept ans. Chaque pièce devait être parfaitement ajustée, chaque courroie solidement attachée. Une défaillance pouvait coûter la vie.

La première épreuve fut la joute. Les chevaliers s'élançaient l'un vers l'autre au galop, lance en avant, cherchant à désarçonner leur adversaire. Le baron Godefroy remporta ses trois passes avec brio.

Mais à la mêlée, l'épreuve où les chevaliers s'affrontent en groupe, le baron fut blessé au bras. Incapable de continuer, il dut déclarer forfait. Sa bannière risquait le déshonneur.

C'est alors que le baron prit une décision audacieuse. « Roland, dit-il, tu vas combattre à ma place. Tu as l'âge et tu connais les règles. Prouve que tu mérites de devenir chevalier. »

Le cœur battant, Roland endossa l'armure trop grande et monta sur le destrier. Face à des adversaires plus expérimentés, il usa de ruse et d'agilité plutôt que de force brute. Il évitait les coups plutôt que de les bloquer, attaquait par surprise plutôt que de foncer tête baissée.

Contre toute attente, il fut le dernier debout. La foule l'acclama. Le comte en personne vint le féliciter et, séance tenante, l'adouba chevalier devant tous.

« Un vrai chevalier, dit le comte, n'est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui sait se servir de son esprit autant que de son épée. »

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