Quel est le sens de la vie ? Cette question, la plus vieille et la plus tenace de l'humanité, refuse de se laisser résoudre. Des millénaires de réflexion philosophique, religieuse, scientifique n'ont pas produit de réponse définitive. Peut-être parce que la question elle-même est mal posée.
Les religions traditionnelles offraient des réponses. Le sens de la vie était de servir Dieu, d'atteindre le salut, de respecter l'ordre cosmique. Ces réponses structuraient l'existence, donnaient un cadre moral, offraient l'espoir d'une vie après la mort. Mais elles supposaient une foi que beaucoup ne partagent plus.
Les philosophies modernes ont proposé d'autres pistes. Pour les existentialistes, la vie n'a pas de sens prédéfini ; c'est à chacun de créer le sien. « L'existence précède l'essence », disait Sartre. Nous ne sommes pas nés avec une mission ; nous devons l'inventer. Cette liberté est vertigineuse mais aussi responsabilisante.
Pour les utilitaristes, le sens de la vie est de maximiser le bonheur — le nôtre et celui des autres. Une vie réussie est une vie heureuse et qui contribue au bonheur d'autrui. Mais le bonheur est-il vraiment le but ultime ? Accepterions-nous d'être branchés à une machine qui nous procurerait un plaisir permanent mais artificiel ?
Pour les nihilistes, la question même est vaine. L'univers est indifférent, nos vies sont insignifiantes à l'échelle cosmique, chercher un sens est se bercer d'illusions. Cette position, logiquement cohérente, est psychologiquement invivable pour la plupart d'entre nous.
