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Le Journal d'Anna (Extraits Fictifs Inspirés)

Traditionnel

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Texte lu

Amsterdam, 15 novembre 1942.

Cela fait maintenant quatre mois que nous vivons cachés dans l'annexe, derrière l'entrepôt de père. Quatre mois sans voir le soleil autrement qu'à travers les rideaux qu'il nous est interdit d'écarter. Quatre mois à marcher sur la pointe des pieds le jour, quand les employés travaillent en dessous.

Nous sommes huit maintenant : ma famille, les Van Pels et leur fils Peter, et monsieur Dussel qui nous a rejoints le mois dernier. Huit personnes dans quelques pièces exiguës, partageant une salle de bain, des peurs et des espoirs.

Les journées sont longues. J'étudie le français, l'anglais, l'histoire. Je lis tout ce qui me tombe sous la main. J'écris dans ce journal que j'ai appelé Kitty, comme si c'était une amie à qui je pouvais tout confier. Sans lui, je crois que je deviendrais folle.

Ce qui me manque le plus ? Tout. Courir dans les rues, aller à l'école, voir mes amies, sentir le vent sur mon visage. Parfois je rêve que je marche librement sur le Prinsengracht, et le réveil est cruel.

Mais je refuse de me laisser abattre. Même dans cette cachette, même avec la peur qui nous tenaille à chaque bruit suspect, je continue de croire que les êtres humains sont fondamentalement bons. Cette guerre finira. Et quand elle sera finie, je veux avoir gardé mon âme intacte.

Père dit que je suis trop optimiste. Mère s'inquiète de mon « manque de sérieux ». Margot, ma sœur parfaite, ne dit rien comme d'habitude. Mais je sais qu'au fond, ils sont heureux de voir que je n'ai pas perdu espoir.

Je veux devenir écrivain un jour. Je veux raconter au monde ce que nous avons vécu, pour que personne n'oublie. Car l'oubli serait la pire des trahisons envers tous ceux qui souffrent en ce moment.

Ce soir, par la lucarne de la mansarde, j'ai aperçu les étoiles. Elles brillent là-haut, indifférentes à nos guerres, à nos haines, à nos souffrances. Mais leur lumière traverse les ténèbres. Comme l'espoir, peut-être.

Demain sera un autre jour de silence et d'attente. Mais ce sera aussi un jour de plus vers la liberté. Je dois y croire. Nous devons tous y croire.

À bientôt, chère Kitty.

Anna

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