Fiche du texte

Le Dernier Vol de l'Icarus

Traditionnel

Le dirigeable Icarus survolait majestueusement les plaines enneigées de l'Arctique. À son bord, l'exploratrice Amélia Thornwood scrutait l'horizon à travers ses jumelles de cuivre. Elle cherchait le passage légendaire vers la Terre Creuse, un mythe que tous les scientifiques considéraient comme pure fantaisie.

Soudain, les instruments de navigation s'affolèrent. Les boussoles tournoyaient follement, comme si le pôle magnétique lui-même s'était déplacé. L'ingénieur en chef, le vieux Gustaf, fronça ses épais sourcils. « Je n'ai jamais vu ça en quarante ans de vol », murmura-t-il.

À travers les nuages, une lueur verte apparut, semblable à une aurore boréale mais beaucoup plus intense. L'Icarus fut attiré vers elle comme un papillon vers une flamme. Amélia ordonna de larguer du lest pour reprendre de l'altitude, mais rien n'y fit. Le dirigeable descendait inexorablement.

Ils traversèrent un épais brouillard qui sembla durer une éternité. Quand il se dissipa enfin, l'équipage resta bouche bée. Sous eux s'étendait un paysage impossible : une vallée verdoyante, baignée d'une lumière dorée qui ne venait d'aucun soleil visible. Des cascades immenses déversaient leurs eaux cristallines dans des lacs d'un bleu profond.

Des créatures ailées, ressemblant à des raies géantes, évoluaient gracieusement dans les airs. Sur les collines, on distinguait des structures architecturales qui défiaient les lois de la physique : des tours spiralées, des ponts suspendus entre des nuages solidifiés.

Amélia comprit qu'elle venait de faire la découverte du siècle, celle que personne ne croirait jamais. Elle sortit son carnet et commença à dessiner frénétiquement tout ce qu'elle voyait. Gustaf fit fonctionner l'appareil photographique du bord.

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