Dans le Japon féodal, le jeune Takeshi venait d'être accepté comme élève du maître Yamamoto, l'un des plus grands samouraïs de son temps. Il rêvait d'apprendre les secrets du combat, de maîtriser le sabre comme personne.
Mais le premier mois, le maître ne lui montra aucune technique. Takeshi devait balayer le dojo, préparer le thé, s'occuper des chevaux. Frustré, il osa un jour se plaindre.
« Maître, quand m'enseignerez-vous à me battre ? »
Yamamoto sourit. « Tu balaies le dojo ? »
« Oui, maître, chaque jour. »
« Chaque jour, tu apprends la discipline. Tu prépares le thé ? »
« Oui, maître. »
« Tu apprends la patience et la précision. Tu t'occupes des chevaux ? »
« Oui. »
« Tu apprends à prendre soin des autres avant toi-même. Un samouraï qui ne possède pas ces qualités n'est qu'un tueur. »
Les mois passèrent. Takeshi commença enfin l'entraînement au sabre. Mais le maître l'interrompait souvent pour lui enseigner autre chose : la calligraphie, la poésie, l'art de l'arrangement floral.
« Un samouraï qui ne sait que tuer est incomplet, expliquait Yamamoto. Le bushido exige que nous cultivions autant l'esprit que le corps. La beauté et la mort sont les deux faces de notre existence. Celui qui l'oublie perd son humanité. »
Un jour, des bandits attaquèrent le village voisin. Takeshi, maintenant capable de se battre, voulut y courir. Mais le maître le retint.
« Combien sont-ils ? »
« Une dizaine, dit l'informateur. »
« Nous sommes trois, constata Yamamoto. La bravoure sans réflexion est de la folie. »
Ils élaborèrent un plan. Plutôt que d'attaquer de front, ils tendirent une embuscade, utilisant le terrain et la surprise. Les bandits furent vaincus sans qu'un seul villageois ne soit blessé.
