Fiche du texte

Le Chevalier Timide

Philippe Lenoir

Gauvain était un chevalier pas comme les autres. Il possédait une armure étincelante, une épée bien affûtée et un cheval courageux, mais il avait un problème : il était terriblement timide. Dès qu'il devait parler en public, sa voix tremblait. Quand la reine le complimentait, il rougissait comme une pivoine.

Un jour, une terrible nouvelle parvint au château. Le dragon des Montagnes Brumeuses avait enlevé la princesse Élodie. Tous les chevaliers se portèrent volontaires pour la sauver, sauf Gauvain qui se cachait dans les écuries. « Je ne suis pas à la hauteur », murmura-t-il en caressant la crinière de son cheval, Tempête.

C'est alors qu'il entendit un petit bruit. Un écuyer de huit ans, nommé Théo, pleurait dans un coin. « Ma sœur... c'est ma sœur qu'ils ont prise », sanglotait-il. Gauvain regarda le petit garçon et quelque chose changea en lui. Sa timidité s'envola devant la détresse de l'enfant.

« Ne pleure pas, dit Gauvain d'une voix ferme. Je vais ramener ta sœur. »

Le voyage vers les Montagnes Brumeuses fut long et périlleux. Gauvain traversa des forêts sombres, escalada des falaises abruptes et évita des pièges tendus par le dragon. À chaque obstacle, il pensait à Théo et trouvait le courage de continuer.

Quand il arriva enfin devant le dragon, sa peur revint un instant. La créature était immense, avec des écailles noires et des yeux rouges flamboyants. Mais Gauvain se souvint de sa promesse. Au lieu d'attaquer, il parla au dragon, lui expliquant la tristesse du petit frère. Étonnamment, le dragon écouta. Il avait enlevé la princesse non par méchanceté, mais par solitude.

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