Dans le royaume d'Avaloria, la princesse Élisande refusait d'être ce qu'on attendait d'elle. Tandis que ses sœurs apprenaient la broderie et le maintien, elle s'échappait pour étudier les cartes et l'astronomie dans la bibliothèque royale.
Son père, le roi Aldric, s'en inquiétait. « Une princesse doit être gracieuse et soumise. Quel prince voudra d'une épouse qui lit des traités de stratégie militaire ? »
Élisande répondait : « Un prince intelligent, Père. Et s'il n'en existe pas, je régnerai seule. »
Le roi soupirait, impuissant face à la détermination de sa fille.
Un jour, une menace se profila aux frontières. Le seigneur Vorn, à la tête d'une armée de mercenaires, exigeait que le royaume lui paie un tribut exorbitant sous peine d'invasion. Les généraux du roi semblaient désemparés face à un ennemi qu'ils ne comprenaient pas.
Élisande demanda à assister au conseil de guerre. On refusa d'abord, mais elle insista. Elle avait étudié les campagnes de Vorn pendant des mois.
« Il utilise toujours la même tactique, expliqua-t-elle devant les généraux médusés. Il fait croire qu'il attaquera par l'est pour frapper par l'ouest. Ses lignes d'approvisionnement passent par le col d'Eberstein. Si nous le bloquons là, son armée sera affamée en deux semaines. »
Les généraux protestèrent : une princesse, leur donner des leçons ? Mais le roi, qui n'avait rien à perdre, décida de suivre son plan.
Élisande avait vu juste. Privé de ravitaillement, Vorn dut négocier. Il repartit sans avoir versé une goutte de sang, mais définitivement humilié.
Le roi convoqua sa fille. Elle s'attendait à des remontrances pour avoir « dépassé sa place ». Au lieu de cela, il posa une main sur son épaule.
