Fiche du texte

Le Pont Mirabeau

Guillaume Apollinaire

Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, *Alcools*, 1912.

**Contexte et analyse pour le lycée :**

« Le Pont Mirabeau » est l’un des poèmes les plus célèbres de Guillaume Apollinaire, publié dans son recueil *Alcools* en 1912. Il marque une transition entre la poésie symboliste du XIXe siècle et la modernité poétique du XXe siècle. Le poème est inspiré par la rupture douloureuse de l'auteur avec la peintre Marie Laurencin, en 1911. Le Pont Mirabeau, qui relie le 15e et le 16e arrondissement de Paris, devient le cadre symbolique de cette méditation sur l'amour perdu et la fuite du temps.

La structure du poème est caractéristique : quatre quatrains entrecoupés d'un refrain de deux vers. Cette forme, qui rappelle la ballade médiévale, contraste avec le sujet moderne et la simplicité du langage. Apollinaire supprime toute ponctuation, une innovation majeure qui laisse au lecteur le soin de respirer et d'interpréter les pauses, renforçant l'impression de fluidité et de mélancolie.

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