OCTAVE, le visage décomposé, se confie à son ami SCAPIN sur une place de Naples. « Scapin, je suis perdu ! Mon père, Argante, revient aujourd'hui de voyage. Il ignore tout. Pendant son absence, j'ai épousé Hyacinte, une jeune fille sans fortune mais au cœur pur. Nous nous sommes aimés d'un coup, comme frappés par la foudre. Et voilà que mon père m'a promis en mariage à la fille de Géronte ! Que faire ? » Scapin, valet rusé au regard malicieux, se frotte les mains. « Bah ! Ce n'est qu'un grain de poussière dans l'œil du destin. Votre père est un vieillard entêté, mais son esprit est lent comme une tortue. Nous le devancerons. » Survient alors LÉANDRE, tout aussi affolé. « Moi aussi, Scapin, je suis pris au piège de l'amour ! J'aime une jeune Égyptienne, Zerbinette, captive d'un marchand. Il faut cinq cents écus pour la libérer avant que mon père, Géronte, ne l'apprenne. » Scapin éclate de rire. « Deux pigeons tombés du nid ! L'un s'est marié, l'autre veut acheter sa belle. Vos pères, Argante et Géronte, sont deux vieux amis aussi avares que ridicules. Laissez-moi faire. Je vais tisser une toile si fine qu'ils s'y prendront les pieds. » SILVESTRE, autre valet plus peureux, s'inquiète : « Tes fourberies nous mèneront tous au bâton, Scapin ! » Mais Scapin hausse les épaules, déjà perdu dans ses plans. « La peur est le commencement de la sagesse, Silvestre, mais l'audace en est la couronne. Allez, cachez-vous. J'entends la voix rocailleuse d'Argante. La comédie commence. »
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Les Amours Secrètes
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