Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Olympe de Gouges (1791)

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Préambule : Les mères de la Nation

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Femmes, réveillez-vous ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnaissez vos droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. La flamme de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux vôtres pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Depuis des siècles, vous n'avez exercé que le pouvoir de la beauté ; conservez-le encore, mais revendiquez celui de la vertu et des talents. La Déclaration des droits de l'homme vous a été présentée comme un modèle sublime ; elle est pourtant imparfaite, car elle oublie la moitié du genre humain. C'est pourquoi je vous offre aujourd'hui cette Déclaration des droits de la femme, afin que cette révolution soit complète et que les pouvoirs publics, désormais, respectent enfin la femme, cette partie essentielle de la souveraineté nationale. Si les femmes ont le droit de monter sur l'échafaud, elles doivent avoir également celui de monter à la Tribune. La loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation.

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Littera