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Vendredi ou la vie sauvage (extrait)

Michel Tournier 4 min de lecture
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Lorsque Robinson reprit connaissance, il était couché, la figure dans le sable. Une vague déferla sur la grève et vint lui lécher les pieds. Il se laissa rouler sur le dos. Le ciel était bleu, et une mouette tournait en criant au-dessus de lui. Il s'assit avec effort et gémit de douleur. Son épaule gauche lui faisait mal.

Il se trouvait sur une plage. Derrière lui s'étendait une forêt vierge. Pas le moindre signe d'habitation humaine. Pas de fumée, pas de sentier, pas de hutte. Rien que des arbres, des fleurs et des oiseaux.

Robinson était seul. Seul sur une île déserte, quelque part dans l'océan Pacifique.

Il se leva péniblement et fit quelques pas. Il tremblait de fièvre et de fatigue. Il avait faim et soif. Mais surtout, il avait peur. Peur de cette solitude, peur de cette île inconnue, peur de ce qui pouvait se cacher dans cette forêt.

Pendant les premiers jours, Robinson ne fit rien que pleurer et dormir. Il restait sur la plage, guettant l'horizon, espérant voir apparaître un navire. Mais aucun navire ne venait.

Alors il comprit qu'il devait se ressaisir. S'il voulait survivre, il devait agir. Il commença par explorer l'île. Elle était petite, mais riche en fruits et en gibier. Il y avait de l'eau douce. Robinson pourrait vivre ici.

Vivre, oui, mais pour combien de temps ? Et surtout : vivre seul, sans personne à qui parler, sans personne avec qui partager ses joies et ses peines... cela était-il vraiment vivre ?

Littera