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Odes aux Éléments

Alban Rivière 5 min de lecture
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Ô Terre, vieille mère au dos voûté de collines, Tes veines sont les fleuves, tes os les montagnes. Tu portes dans ton flanc les graines orphelines Et les racines-lianes, patientes compagnes. Ta peau de mousse et d'herbe accueille nos semailles, Tu grondes parfois, secouant tes épaules immenses. Tu es le socle obscur de toutes les batailles, Le lit silencieux où dorment les semences.

Feu, danseur imprévisible au manteau d'étincelles, Tu manges le bois sec, tu léches l'air nocturne. Tu es le cœur du soleil, la langue des chandelles, Celui qui transforme, purifie et crible l'urne. Tu danses sauvage dans la foudre et l'incendie, Mais tu ronronnes doux dans l'âtre familial. Tu es la passion qui jamais ne mendie, L'énergie première, le souffle vital.

Eau, miroir du ciel et larme de la pierre, Tu sculptes les vallons, tu polis les galets. Tu es la course libre, la vagabonde fière, La nappe secrète qui abreuve les guérets. Tu prends la forme de l'obstacle, liquide et sage, Tu es la mer immense et la goutte de pluie. Tu portes les bateaux et les reflets des âges, Sans toi, le monde n'est que poussière et ennui.

Air, esprit invisible, hôte de tous les songes, Tu chuchotes aux feuilles, tu hurles dans les ports. Tu es le souffle même, entre les poumons sponges, Le messager des parfums, des pollens, des accords. Tu portes l'oiseau libre et la graine voyageuse, Tu es l'espace ouvert entre moi et l'horizon. Sans forme, sans couleur, mais force généreuse, Tu es l'invisible lien de toute saison.

Littera