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Ode au verre d'eau

Camille Forestier 5 min de lecture
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Au retour de la course effrénée, Quand le soleil a brûlé le gazon, Quand la gorge est une terre étonnée, Sèche, rêvant de fraîche saison.

Alors, la main se tend, presque automatique, Vers le robinet au bec chromé. Un geste simple, presque statistique, Si banal, mille fois répété.

Mais écoute le chuchotement liquide, Le flot clair qui danse en cascade, Dans le cristal qui devient un guide Vers un oasis, une embuscade.

Ce n’est pas un fleuve ni une source, Juste un filet, droit et précis. Il coule sans détour, sans ressource, Et pourtant, quel apaisement sus !

Première gorgée, fraîcheur qui perce La poussière du jour, l’essoufflement. Elle lave l’intérieur, disperse Le goût salé de l’effort momentané.

Deuxième gorgée, plus lente, sage, On sent le voyage de l’eau, Des nuages au réservoir, l’hommage D’un cycle éternel et nouveau.

Dernière gorgée, celle qui achève, Qui remplit le puits du dedans. Le verre vide, un léger souffle l’enlève, Rendu à l’évier, patient.

Ainsi va le rituel modeste, Sans faste, sans cérémonial. Ce petit miracle qui nous reste, Dans le quotidien banal.

Alors, buvons à cette offrande, À cette magie du présent. L’eau qui guérit, qui comprend, Et dans un verre nous attend.

Littera