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L'Expédition du Mont Cendre

Jules Lefort 12 min de lecture
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Pour fêter leur entrée en quatrième, Matt, Inès et Noah s'étaient juré de réaliser un exploit : atteindre le sommet du Mont Cendre, un volcan endormi qui dominait leur région et dont la dernière ascension remontait à plus de trente ans. Le sentier officiel était fermé pour cause d'éboulements, mais ils avaient repéré un itinéraire alternatif sur une vieille carte topographique. Équipés de sacs à dos trop lourds et d'une détermination à toute épreuve, ils partirent un matin d'août à l'aube, sans en informer leurs parents, laissant seulement un mot vague évoquant une randonnée.

Les premières heures furent exaltantes. Ils traversèrent des forêts de pins odorants, suivirent le cours d'un torrent cristallin et firent une pause déjeuner face à un panorama déjà vertigineux. Cependant, en début d'après-midi, le temps se gâta. Un brouillard épais et froid enveloppa soudain la montagne, effaçant les repères en quelques minutes. La vieille carte, mouillée par l'humidité, devint illisible. Ils étaient perdus. Leur légère insouciance se transforma en inquiétude palpable. Après une brève discussion parfois tendue, ils décidèrent de monter plutôt que de descendre, estimant que le sommet était leur seul point de repère identifiable.

La progression devint un calvaire. Le terrain était glissant, composé de scories volcaniques instables. Noah se tordit légèrement la cheville. La nuit tombait plus vite sous le couvert des nuages, et la température chutait de manière alarmante. C'est alors qu'Inès remarqua une faible lueur orangée plus haut sur la pente. Ce n'était pas le soleil, mais le reflet d'une lampe à pétrole provenant d'un abri de pierre : un refuge de berger abandonné mais encore étanche. Soulagés, ils s'y engouffrèrent.

À l'intérieur, ils trouvèrent de vieilles couvertures, une boîte d'allumettes étanche et, gravé sur la table, un plan rudimentaire menant au sommet. Reprenant espoir, ils passèrent une nuit difficile mais au sec. Au petit matin, le brouillard s'était levé, dévoilant un ciel d'un bleu éclatant. Suivant les indications de la table, ils grimpèrent la dernière arête et, épuisés mais euphoriques, posèrent enfin le pied sur le cratère du Mont Cendre. Le sentiment de victoire était immense, mais plus encore, ils réalisèrent la valeur de leur solidarité. Chacun avait compensé les faiblesses des autres : le calme de Matt, la débrouillardise d'Inès, l'humour de Noah. Redescendus au village, ils durent affronter la colère légitime de leurs familles, mais cette aventure, née d'une imprudence, les avait liés d'une amitié indestructible et leur avait enseigné le vrai sens de la préparation et de la responsabilité.

Littera