Les Échos du Gouffre
Lorsque le sol s'était ouvert sous leurs pieds, Léa et Mathis n'avaient eu que le temps de se jeter en arrière, leurs cris se perdant dans le fracas des pierres. Maintenant, ils observaient, le cœur battant, l'entrée béante qui venait de se révéler au cœur de la forêt de Brocéliande. Une odeur de terre humide et de minéral montait de l'obscurité.
« On y va ? » murmura Mathis, sa lampe torche déjà braquée vers les profondeurs. Léa, plus prudente, hocha la tête. Ils descendirent avec précaution une pente de terre et de racines, découvrant bientôt une galerie taillée de main d'homme. Les parois étaient striées de marques étranges, des spirales et des symboles qui semblaient luire faiblement à la lueur de leurs lampes.
La galerie s'élargit soudain en une salle circulaire. Au centre, sur un socle de pierre, reposait un objet qui les fit s'arrêter net : une sphère de cristal, parfaitement transparente, à l'intérieur de laquelle tournoyaient de fines particules dorées, comme une tempête figée. Aucun d'eux n'osa la toucher. C'est alors qu'un écho, clair et mélodieux, résonna dans la salle, provenant de la sphère elle-même. Il ne formait pas de mots, mais évoquait le bruissement des feuilles, le chant des sources, le murmure du vent dans les pins – comme si la forêt toute entière y avait déposé sa mémoire.
Soudain, les symboles sur les murs s'illuminèrent d'une douce lueur bleutée, projetant des images fugaces : des arbres gigantesques, des animaux aujourd'hui disparus, des hommes vêtus de peaux levant les mains vers le ciel. La sphère n'était pas un trésor, comprirent-ils alors, mais une archive, une bibliothèque vivante des temps anciens.
Un grondement sourd les fit sursauter. Des fissures apparurent au plafond. La grotte, dérangée dans son sommeil millénaire, menaçait de s'effondrer. Sans un mot, ils rebroussèrent chemin en hâte, escaladant la pente de terre. Lorsqu'ils émergèrent, haletants, à la lumière du jour, l'entrée du gouffre se referma derrière eux dans un nuage de poussière, comme si elle n'avait jamais existé. Ils restèrent là, silencieux, gardiens d'un secret trop grand pour eux, mais portant désormais en eux l'écho mélodieux de la forêt oubliée.
