Le Secret de la Pierre de Rosette
Léa, passionnée d'énigmes, tournait les pages d'un vieux livre d'histoire dans la bibliothèque du collège. Son regard fut attiré par un chapitre sur la Pierre de Rosette. Elle imagina la scène : l'été 1799, près de la ville égyptienne de Rosette, un officier du génie de l'armée de Napoléon, Pierre-François Bouchard, inspectant les travaux de fortification. Soudain, ses hommes déterrent une stèle de basalte noir aux inscriptions mystérieuses. La pierre, fracturée, présentait trois bandes de textes en trois écritures différentes : des hiéroglyphes en haut, une écriture cursive inconnue au milieu (le démotique), et du grec ancien en bas. La pierre fut rapidement identifiée comme une clé potentielle pour déchiffrer les hiéroglyphes, ces symboles sacrés des pharaons dont la signification s'était perdue depuis des siècles. Le livre racontait la rivalité entre deux savants : le Français Jean-François Champollion et l'Anglais Thomas Young. Léa suivait leurs recherches avec fascination. Young fit des premières avancées en identifiant que le nom du pharaon Ptolémée était encadré dans un cartouche. Mais c'est Champollion, génie des langues, qui perça le mystère en 1822. Il comprit que l'écriture égyptienne était un système mixte, utilisant à la fois des idéogrammes (symboles représentant une idée) et des phonogrammes (symboles représentant un son). En comparant les cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre, il établit une première correspondance alphabétique. La révélation fut si intense qu'il se précipita dans le bureau de son frère en criant « Je tiens l'affaire ! » avant de tomber dans un coma de plusieurs jours, épuisé. Grâce à lui, des milliers de textes sur les temples et les tombeaux purent enfin parler. Léa referma le livre, le cœur battant. Cette pierre, simple décret fiscal à l'origine, était devenue le sésame d'une civilisation entière. Elle se promit de visiter le British Museum à Londres, où la stèle est aujourd'hui conservée, pour la voir de ses propres yeux.
