Le Lièvre et la Fourmi Charpentière
Par un après-midi d'automne où le vent chuchotait dans les feuilles rousses, un lièvre nommé Lestoc se vanta devant toute la clairière. « Regardez ma vitesse ! », s'écria-t-il en bondissant. « Aucun être ne me dépasse. Je pourrais faire le tour de la forêt avant que vous n'ayez cligné des yeux ! »
Une petite fourmi charpentière, occupée à traîner une aiguille de pin deux fois plus grande qu'elle, leva la tête. « La vitesse est utile, admit-elle de sa voix grêle. Mais la patience et la prévoyance sauvent des vies lorsque l'hiver arrive. » Le lièvre éclata d'un rire moqueur et défia la fourmi à la course. Celle-ci refusa poliment et continua son travail.
Les semaines passèrent, et le froid s'abattit sur la forêt. Une neige épaisse et inattendue recouvrit tout. Lestoc, qui n'avait pas préparé d'abri, grelotta dans son terrier humide. Affamé et transi, il osa sortir. Il trébucha alors sur une souche étrangement chaude. C'était la fourmilière fortifiée de la charpentière ! La fourmi, l'ayant aperçu, l'invita à se réchauffer dans une galerie et lui offrit des graines stockées.
Honteux, le lièvre comprit que sa vitesse ne l'avait pas sauvé du danger. Il remercia humblement son hôte et promit de mieux préparer l'avenir. La fourmi lui sourit : « Chaque talent a son heure. Le mien fut de bâtir. Le tien, aujourd'hui, fut d'accepter l'aide d'un ami. »
