recitcollegeamitie

La Promenade de Clara

Sofia Lenoir 7 min de lecture
Mode Audio

Clara marchait le long du canal, son appareil photo en bandoulière. Elle adorait capturer les reflets de l’eau, les chats paresseux sur les ponts. Ce jour-là, son objectif se posa sur un garçon assis sur un banc, concentré à dessiner dans un carnet. C’était Liam, le nouveau du collège, plutôt silencieux.

Poussée par une curiosité plus forte que sa timidité, Clara s’approcha. « Tu dessines le saule pleureur ? » demanda-t-elle. Liam sursauta, puis hocha la tête, montrant son croquis. C’était magnifique, plein de détails sur l’écorce et la chute des branches. « Moi, je le photographie », dit Clara en montrant une de ses prises. Ils comparèrent leurs visions, différentes mais complémentaires.

Cette rencontre fortuite devint une habitude. Tous les mercredis, ils se retrouvaient au banc du saule. Clara apprenait à voir les nuances d’ombre que Liam saisissait au crayon. Liam découvrait, grâce aux photos de Clara, des perspectives insoupçonnées, des insectes ou des reflets qu’il n’avait jamais remarqués.

Leur amitié ne se construisit pas dans la cour du collège, mais dans ces moments volés à la nature urbaine. Ils parlaient peu de l’école, beaucoup de tout le reste : de leurs projets artistiques, de livres, de leurs familles. C’était un lien calme, fondé sur un regard partagé sur le monde.

Un jour de pluie, ils durent se réfugier sous le kiosque à musique. Liam offrit à Clara un dessin du saule en automne, avec une petite silhouette photographiant au premier plan. Clara, émue, lui promit un tirage de sa meilleure photo. Ils avaient créé leur propre langage, sans besoin de grandes déclarations.

Cette amitié, née d’une promenade solitaire, devint leur ancrage. Elle leur rappelait qu’on pouvait trouver des affinités profondes dans les passions les plus simples, et qu’un regard attentif sur le monde pouvait aussi être un regard attentif sur l’autre.

Littera