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Candide - L'Eldorado

Voltaire 4 min de lecture
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Candide et Cacambo arrivent dans le pays d'Eldorado, contrée merveilleuse où les rues sont pavées d'or et de pierres précieuses.

— Comment donc, dit Candide, vous n'avez point de prêtres ?

— Comment voulez-vous que nous en ayons ? dit le bon vieillard en souriant ; nous sommes tous prêtres ; le roi et tous les chefs de famille chantent des cantiques d'actions de grâces solennellement tous les matins, et cinq ou six mille musiciens les accompagnent.

— Quoi ! vous n'avez point de moines qui enseignent, qui disputent, qui gouvernent, qui cabalent, et qui font brûler les gens qui ne sont pas de leur avis ?

— Il faudrait que nous fussions fous, dit le vieillard ; nous sommes tous ici du même avis, et nous n'entendons pas ce que vous voulez dire avec vos moines.

Candide à tous ces discours demeurait en extase.

— Voilà, disait-il à Cacambo, un pays bien différent de la Westphalie et du château de M. le baron : si notre ami Pangloss avait vu Eldorado, il n'aurait plus dit que le château de Thunder-ten-tronckh était ce qu'il y avait de mieux sur la terre ; il est certain qu'il faut voyager.

Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu'il n'y en avait point, et qu'on ne plaidait jamais. Il s'informa s'il y avait des prisons, et on lui dit que non.

Littera